Tout est possible

Nice, le 10ème

Avant de commencer, il reste 10 jours pour mon Crowdfunding, 10 jours pour me filer un coup de pouce, un encouragement pour ma participation au championnat du monde sur Ironman 70.3.
https://www.risingtrack.com/…/championnat-du-monde-triathlon

Cette semaine merci à :
Eric Degrave-Haube
François Destrebecq
Jeremy Glaude
Fred Claus

Nice, c’est fait.
C’était là mon dixième Ironman et ma 4ème participation à celui de Nice.
Cette année fut vraiment particulière au niveau de cette édition post attentat. Il y a d’abord eu ce changement de date, repoussant l’épreuve de plus d’un mois, ce qui nous conduisait à une période bien plus chaude que fin juin. Niveau température, nous n’avons pas été déçu. Bien sûr, nous avions eu le choix de maintenir notre participation ou pas. Nous avions été informés début octobre que la date allait changer. Début novembre, l’organisation nous donnait la nouvelle date et il fallait se décider avant le 8 décembre. Bref, en connaissant la nouvelle date début novembre, rien de très perturbant en terme de préparation! De mon côté, il y a eu un petit moment de réflexion. De son côté, l’IM de Nice perdait pas loin de 800 participants.
Je ne vais pas m’attarder sur les détails. Au fil des mois, il était de plus en plus évident que l’entrainement allait faire défaut pour réaliser une bonne prestation lors de ce triathlon. Reprise des entrainements vélo en avril, une certaine obligation à lever le pied en terme de kilométrage en course à pied,… et des séances natation pas très régulières. Bref, j’aurais pu dire : « je n’y vais pas » car la préparation n’y était pas et je n’avais plus vraiment envie de quitter la maison. Mon optimisme et mon « jusqu’au-boutisme » ont repris le dessus mais j’étais bien conscient de ce qui m’attendait (https://thomasloquet.wordpress.com/…/07/20/nice-en-approche/) et ce fut encore pire !
Dimanche, le départ est programmé à 6h30. Avant ça, il faut déjeuner, terminer la préparation du vélo, enfiler la combi,… Histoire d’éviter le stress, je me suis levé vers 4h du matin. Vers 6h, après avoir échangé quelques mots avec les autres membres du club présents, je prends place dans le box le plus en avant soit pour ceux qui devraient nager en moins 1h02. Il faut savoir que le départ se fait en « rolling start », il faudra compter une petite demi-heure pour que les plus de 2000 participants soient dans l’eau. Après un dernier hommage aux victimes de l’attentat, une Marseillaise chantée par une chorale et des athlètes français les larmes aux yeux, la corne de brume retentissait.
D’entrée de jeu, je n’ai eu aucune difficulté à croire que l’eau était à 23,7 degrés, la cuisson commençait déjà. Bizarrement, les sensations n’étaient pas au top. J’avais l’impression de me trainer, les trajectoires n’étaient pas super bonnes (4100m sur la garmin) mais, j’arrive à sortir de l’eau dans un temps relativement correct, en un peu plus 1h03 à ma garmin. Une transition plus tard et c’est parti pour un long (trop long) moment sur le vélo. Théoriquement 180 km sont prévus. A Nice, le début du vélo est relativement facile, c’est plat, le revêtement est bon, c’est une mise en jambe en douceur. Les 20 premiers km se passent donc très bien, c’est un véritable échauffement avant de commencer les hostilités sur ce parcours qui a également connu quelques changements à cause du changement de date. Des modifications qui apporteront quand même 300 m de D+ supplémentaires au 1800 qu’il y avait déjà. C’est le début du parcours pour aller chercher le col de l’Ecre qui a été modifié. Le final est toujours le même car il n’y a pas 36 routes mais nous y arrivons par un itinéraire dont la pente est moins ardue mais plus longue me semble-t-il. Ceci dit, ce changement nous permettra d’être protégé du soleil plus longtemps. Une fois le col de l’Ecre passé, le parcours reste inchangé par rapport aux autres éditions. Je savais que j’allais souffrir sur le parcours vélo par contre, je ne pensais pas que cela viendrait aussi vite. De mémoire, je pense que je n’étais pas encore au 50ème km que j’avais déjà ma dose. Les jambes ont commencé à faire mal assez rapidement, s’en suivirent la nuque, les épaules et le bas du dos. Des douleurs que je ne ressens jamais à l’entrainement. Mais bon, il faut faire avec et j’attends avec impatience les longues descentes histoire de me relâcher un peu. La machine souffre, la machine ne va pas aussi vite que d’habitude. Que de la souffrance, j’ai hâte que ce vélo se termine. Néanmoins un petit « incident » va faire en sorte que je vais moins souffrir en fin de parcours… vive les montées… d’adrénaline. Alors que je suis réellement seul sur le parcours, personne en vue devant et personne derrière, un vieux en scooter me rattrape et me dit : « vous n’êtes pas sur le bon circuit, bla bla bla, quelle organisation de merde cette année ». Du coup je m’arrête, j’écoute ce qu’il me raconte un autre participant arrive, s’arrête, on hésite. Heureusement pour nous, une moto avec un arbitre arrive, dans un premier temps il nous engueule car nous sommes en plein milieu de la route en descente et dans un deuxième temps nous confirme… que nous sommes sur le bon trajet. Rien de grave en soi mais, nous avons eu notre petit moment de stress, l’épreuve est déjà assez longue, inutile de rajouter du bonus. Heureusement, nous sommes en descente, il est donc facile de relancer, en plus je repars avec quelques douleurs en moins. Pour le reste, il aura fallu s’hydrater encore et encore. Ce ne fut pas toujours évident à gérer car sur certains ravito les bidons n’étaient rempli qu’à moitié mais pas de quoi compliquer réellement la tâche des athlètes. Au bout de 5h43, délivrance, je termine avec 20 à 30 minutes de plus qu’habituellement. Je boucle la T2 rapidement mais sans stress et je pars calmement sur la course à pied. Je me rends vite compte que la chaleur sur la promenade est accablante. Je commence à une allure qui tourne autour des 4’50’’/km, je prends bien le temps de m’arrêter au ravito et surtout de prendre des douches afin de me refroidir complétement. Si le premier tour se passe relativement bien, il n’en sera pas de même pour le reste, je souffre beaucoup. Le manque de km se fait vite sentir, la chaleur m’assomme sur chaque retour du côté de l’aéroport. Je m’accroche autant que possible mais dans le 2ème et 3ème tour, je dois absolument marcher, m’étirer, récupérer. Je dois assez vite me rendre à l‘évidence, je vais faire un chrono proche des 4h. A chaque fois que je passe sur un tapis de contrôle, je pense à Marie-Aurélie qui doit être en train de se dire que je galère à mort, ça va d’ailleurs m’inciter à faire l’aller un peu plus vite que le retour. L’autre truc que j’ai trouvé pour me changer un peu les idées pendant ce marathon, c’est de chercher les autres athlètes que je connaissais, histoire de les encourager et d’oublier un peu ma souffrance. L’idée principale était de simplement aller jusqu’au bout. Après 3h54 de course sous un soleil de plomb, c’était fait, je passais enfin cette ligne d’arrivée.
Vous devez vous dire que j’ai souffert toute l’épreuve. Oui, c’est certain, participer à un Ironman, ce n’est pas une promenade de santé, ce n’est certainement pas que du plaisir de bout en bout, ce n’est pas uniquement faire un chrono, c’est surtout un dépassement de soi, une guerre physique et psychologique contre soi et c’est surtout une satisfaction immense lorsque l’on passe la ligne d’arrivée, la satisfaction d’un défi réussi.

Nice 2017 sera à oublier ou pas ! Il sera très certainement un vecteur de motivation pour le prochain Ironman car je ne veux plus connaître une telle galère sur une compétition aussi longue. Il est sans doute une toute petite déception surtout quand je vois les chronos dans ma catégorie si j’avais sur réitérer les chronos de ma 2ème ou 3ème participation, je montais sur le podium et je pouvais même prétendre à un slot mais voilà, c’est la loi du sport et les choses sont très variables d’une année à l’autre. Si je n’avais pas été, je l’aurais très certainement regretté en voyant le classement. Ici, aucun regret d’autant que j’ai déjà de beaux objectifs (et de beaux frais) en septembre. C’est justement Chattanooga qui ne me fait pas regretter d’avoir gardé Nice dans l’agenda. Si je n’avais pas gardé Nice, je n’aurais pas fait le Luxembourg pour me préparer, je me serais sans doute encore moins entrainé et je n’aurais donc pas eu ce slot pour les USA.

Merci à tous pour vos encouragements. Merci à ceux qui étaient sur place et qui ont eux aussi connu une journée marathon.

Et merci, merci, merci à Marie-Aurélie et Rose, le vrai carburant de cette journée.

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